Modèle de données
Le modèle de données est le cœur d'Attio. Bien le comprendre permet d'exploiter toute la puissance de l'outil et d'éviter les erreurs de structure qui coûtent cher plus tard.
⏱️ En bref : Attio repose sur 4 concepts clés : les Objets (People, Companies, Deals, custom), les Attributs (colonnes avec différents types), les Relations (liens entre objets) et les Listes/Vues (filtres et segmentation). Maîtriser ces 4 briques = maîtriser Attio.
La philosophie Attio : une base de données flexible, pas un CRM rigide
Contrairement à HubSpot ou Salesforce où la structure (Contact, Company, Deal, Ticket) est imposée et limitée dans sa personnalisation, Attio vous donne les clés du modèle. Vous pouvez créer autant d'objets que vous voulez, ajouter n'importe quel type d'attribut, et lier n'importe quoi à n'importe quoi.
Cette flexibilité est une arme à double tranchant : mal utilisée, vous créez un monstre ingérable après 6 mois. Bien utilisée, vous avez un CRM parfaitement adapté à votre business.
Les 4 concepts fondamentaux
1. Les Objets (Records)
Un objet = un type de "chose" que vous trackez. Attio fournit 3 objets natifs :
- People : individus (prospects, clients, contacts)
- Companies : entreprises
- Deals : opportunités commerciales
Et vous pouvez en créer d'autres : Projects, Partnerships, Investors, Contractors, Candidates, etc. Sur un workspace Attio bien conçu, on a généralement 4-8 objets au total, pas plus.
2. Les Attributs (colonnes)
Chaque objet a des attributs. Types disponibles :
- Text : texte libre (nom, note courte)
- Number : numérique (montant, nombre d'employés)
- Status : liste fermée de valeurs avec couleurs (pipeline stage, statut prospect)
- Select / Multi-select : tags
- Date / Timestamp : dates
- Email / Phone / URL : formats validés
- Currency : montants financiers
- Checkbox : booléen
- Record reference : lien vers un autre objet (LA fonctionnalité clé)
- User : lien vers un utilisateur du workspace (assignation)
- Formula : calculé automatiquement
3. Les Relations (Record references)
C'est ce qui transforme Attio d'une collection de fichiers Excel en vraie base de données relationnelle.
Par défaut, chaque People est lié à une (ou plusieurs) Company. Chaque Deal est lié à une Company et une ou plusieurs People. Vous pouvez créer vos propres relations : un Projet est lié à une Company + 3 People + 1 Deal, par exemple.
Résultat : quand vous ouvrez la fiche d'une Company, vous voyez automatiquement toutes les Personnes, tous les Deals, tous les Projets liés. Zéro manipulation manuelle.
4. Les Listes et Vues
Une liste = un ensemble d'enregistrements filtrés. Exemples :
- "Companies > 50 employés en France avec deal ouvert"
- "People ayant répondu à la campagne Smartlead de mars"
- "Deals en stage Proposition envoyée depuis plus de 14 jours"
Chaque liste peut s'afficher en tableau (comme Excel), en kanban (comme Trello), en calendrier (si date) ou en timeline. On peut les partager, les épingler, les exporter.
Structurer ses objets : les bonnes pratiques
Quand créer un objet custom vs. ajouter un attribut ?
Question fréquente. La règle simple :
- Attribut si l'info est unique par enregistrement (1 Company a 1 secteur, 1 taille, 1 adresse)
- Objet custom si l'info est une collection (1 Company peut avoir plusieurs Projets, plusieurs Commandes, plusieurs Contrats)
Exemple concret : pour un go-to-market B2B classique, créer un objet "Touches" pour tracker chaque interaction (email, call, LinkedIn, meeting) lié à un People serait excessif. Un attribut "Dernière touche" + un attribut "Nombre de touches" suffisent.
En revanche, pour une agence qui gère plusieurs projets clients, un objet "Projets" lié à "Companies" est indispensable.
Le piège des attributs "fourre-tout"
Tentant de créer 40 attributs "au cas où". Mauvais réflexe. Chaque attribut non utilisé :
- Alourdit les fiches (scroll infini)
- Reste vide et pollue les filtres
- Crée de la confusion ("quelle différence entre Note et Commentaire ?")
Règle : 1 attribut doit être renseigné dans >60% des cas pour mériter d'exister. Sinon, supprimer.
Les attributs Status : le secret d'un CRM bien segmenté
Les attributs Status (liste fermée de valeurs avec couleurs) sont la colonne vertébrale d'un workspace Attio bien segmenté. Les 3 à avoir absolument :
- Sur People : "Lead Status" (Nouveau, Qualifié, En conversation, Chaud, Client, Perdu)
- Sur Companies : "Account Tier" (Tier 1 stratégique, Tier 2 target, Tier 3 opportuniste)
- Sur Deals : "Stage" (Découverte, Qualification, Proposition, Négociation, Signé, Perdu)
💡 Conseil — exploitez les formules
Les attributs de type Formula sont sous-utilisés alors qu'ils sont puissants. Exemples : "Jours depuis dernière touche" (aujourd'hui - date dernière interaction), "Priorité" (si Tier 1 et chaud alors 1, si Tier 2 alors 2, sinon 3), "Score prospect" (calcul pondéré sur plusieurs critères). Ils évitent d'avoir à updater manuellement des champs.
⚠️ Piège — dupliquer l'info entre objets
Tentation de mettre "Secteur" à la fois sur People et sur Company. Erreur. Le secteur est une propriété de l'entreprise, pas de la personne. Mettez-le uniquement sur Company, et affichez-le via la relation. Sinon, vous aurez 2 sources de vérité contradictoires.
📚 Pour aller plus loin
Maintenant que la structure est posée, passons à la création de listes et de vues efficaces pour exploiter cette data au quotidien.