Premiers pas
Tout ce qu'il faut comprendre avant de créer son premier scénario Make.com.
⏱️ En bref : Make.com (anciennement Integromat) est une plateforme d'automatisation no-code qui connecte plus de 1 700 applications. Ce chapitre couvre la création de compte, l'interface, le vocabulaire essentiel (scénario, module, opération, scenario builder) et la construction d'un premier scénario fonctionnel en 10 minutes.
Make.com vs Zapier vs n8n : se positionner
Avant de plonger : Make.com n'est pas le seul outil sur le marché. En 2026, les trois principaux concurrents pour l'automatisation no-code SaaS sont Zapier (le plus simple, le plus cher), Make.com (le meilleur rapport qualité/prix, courbe d'apprentissage moyenne) et n8n (open source, le plus puissant, technique). Make gagne quand on a besoin de logique conditionnelle complexe, d'itérations sur des tableaux, ou de manipuler du JSON sans coder. Pour un comparatif détaillé voir Make vs Zapier.
Créer son compte et choisir son plan
Inscription gratuite sur make.com. Le plan Free donne 1 000 opérations par mois et 2 scénarios actifs. Suffisant pour tester. Dès que vous passez en production, comptez :
- Core (9 €/mois) : 10 000 opérations, scénarios illimités, intervalle minimum 1 minute
- Pro (16 €/mois) : 10 000 opérations, intervalle minimum 1 minute, support prioritaire, opérations à la minute (pour les scénarios en temps réel)
- Teams (29 €/mois) : multi-utilisateurs, gestion des rôles
Une "opération" = un module exécuté. Un scénario qui passe par 5 modules consomme 5 opérations à chaque exécution. C'est le compteur à surveiller.
💡 Astuce dimensionnement
Sur le plan Core (10 000 ops/mois), un scénario qui tourne toutes les 15 minutes avec 4 modules consomme déjà 11 520 opérations par mois. Toujours estimer la consommation avant de lancer en production : (modules × exécutions par jour × 30) .
L'interface : 4 zones à connaître
Une fois connecté, l'écran principal a quatre composants :
- Dashboard : vue d'ensemble des scénarios actifs, consommation d'opérations, exécutions récentes
- Scenarios : liste de tous vos scénarios, filtrable par dossier et statut
- Connections : toutes les connexions OAuth/API que vous avez configurées (Pipedrive, Gmail, Slack...). Une connexion peut être réutilisée par plusieurs scénarios
- Data stores : mini-bases de données internes Make, utiles pour stocker des états entre exécutions
Construire son premier scénario
Cliquez sur Create a new scenario. Vous arrivez dans le scenario builder, l'éditeur visuel. La logique est toujours la même : on commence par un trigger (le module qui déclenche le scénario) puis on enchaîne des actions.
Exemple minimal : "Quand je reçois un email avec une pièce jointe → l'enregistrer dans Google Drive". Soit deux modules : Gmail → Watch emails en trigger, et Google Drive → Upload a file en action. Mappez la pièce jointe du premier module dans le champ "File" du second.
Cliquez sur Run once pour tester. Si tout fonctionne, activez le scénario avec le toggle en bas à gauche, et choisissez la fréquence d'exécution (toutes les 15 minutes par défaut).
Le vocabulaire à intégrer dès le début
- Scénario : votre automatisation (équivalent du "Zap" chez Zapier ou "workflow" chez n8n)
- Module : une étape du scénario (Gmail Watch, Pipedrive Create Deal, etc.)
- Bundle : un "paquet" de données qui passe d'un module au suivant. Si Gmail trouve 5 emails, il sort 5 bundles, et chaque module suivant s'exécute 5 fois
- Opération : unité de facturation. 1 module exécuté = 1 opération
- Connection : authentification réutilisable vers une app externe
- Webhook : URL d'écoute pour déclencher un scénario en temps réel (voir chapitre webhooks)
Trois erreurs à éviter en démarrant
- Activer un scénario sans tester en mode "Run once" : risque de spammer un client ou de créer 200 deals de test dans Pipedrive
- Choisir un trigger schedulé toutes les minutes "pour faire vite" : 43 200 exécutions par mois, plan Core grillé en 2 jours
- Ne pas activer la gestion d'erreurs : un scénario qui échoue silencieusement pendant 3 semaines, c'est du business perdu. Voir le chapitre Gestion d'erreurs
Une fois ces bases acquises, le chapitre suivant détaille la construction de scénarios plus complexes avec routeurs et logique conditionnelle.